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Le coup de gueule de Félix

Personnes handicapées ou âgées et adultes dépendants se retrouvent de plus en plus en EPHAD, et la tendance démographique des années 60 va amplifier ce phénomène dans les 10 prochaines années. C'est pourquoi les pouvoirs publics anticipent cette problématique profonde en "motivant" le secteur privé à mettre en place des structures d'accueil associatives ou de prestation de service pour le maintien à domicile. De nombreuses associations gèrent des EPHAD. Certaines, composées de bénévoles désintéressés, ont une gestion saine de ces "maisons"; alors que d'autres, tout en se déclarant à but non lucratif, vont à la pêche aux clients-résidents en déclamant un peu partout qu'ils ont une liste d'attente de plusieurs mois et qu'ils sont les plus beaux du monde. Les familles penseraient donc que s'il en est ainsi, c'est que le service rendu est très appréciable, et méritent des "honoraires" conséquents.

Le coup de gueule de Félix

Personnellement, j'ai des exemples déplorables d'un département prés de la capitale, que je ne citerai pas plus précisément pour éviter de leur faire de la pub, ou se trouve un "bercail" qui décline une communication et des apparences des plus hypocrites. Ces "établissements" sont dirigés par de distingués individus - en pleine santé - qui ont un CV long comme un rouleau de PQ, conclues le plus souvent par de Hautes études de Gestion médico-sociales, et qui sont les nouveaux technocrates d'un secteur social en plein boum. Ces messieurs-dames après avoir effectué une "tournée" de stages dans les différentes structures dépendant de leur siège social francilien pour se faire la main, filent ensuite à la pèche aux subventions du Conseil Départemental, des communes, des Ministères et, plus rarement, de quelques mécènes. Un beau commerce que voilà.

Dans les livres comptables de ces structures opportunes ( ne nous cachons pas la réalité, c'est un bizness, derrière lequel on retrouve des promoteurs immobiliers ou des financiers qui veulent surtout profiter de l'effet d'aubaine) , on peut y constater l'existence de subventions et...les factures mensuelles des clients qui au mieux, touchent des indemnités journalières, l'Allocation Adulte Handicapé, le chômage ou, au pire, une modeste pension d'invalidité ( versée tous les 3 mois, s'ils ont eu de malheur de travailler à leur compte...). Quand vous ajoutez à la détresse morale et physique que subissent ces résidents, la pauvreté de leur quotidien, il y a dans cette situation une véritable maltraitance, double peine pour des handicapés qui n'ont personnellement rien à se reprocher.

Le plus dur reste à venir avec la politique de gestion de ces fameux établissements. L'inévitable gestion à flux tendu les contraint à n'avoir que peu ou pas de titulaires ( mal payés) et beaucoup de stagiaires ( sous-payés). Des jeunes en cours de formation d'infirmière, d'Aide MédicoPsychologique ou d'Aide Soignante, d'Auxiliaire de Vie Quotidienne qui complètent le plus souvent leur bonne volonté d'origine par un apprentissage en roue libre de la misère d'une fin de vie encloisonnée. De quoi les dégouter du métier, si les permanents ne leurs apprenaient pas à assurer une présence physique sans efficacité ( et une relative réactivité ) et surtout ce à quoi ils ont droit ( multipauses cigarette, pipi, déjeuner, café, etc...). Il faut relever que ces impétrants de la caste médico-sociale apprennent rapidement ( le plus souvent inconsciemment) une forme d'autoprotection par hermétisme aux plaintes de leurs "clients", par minoration de leur douleur ressentie, instillant ainsi dans la tête de leurs clients une forme de dolorisme et d'oubli de leurs sens et de leur dignité humaine.

Sous payés, sans perspectives professionnelles, ces jeunes professionnels ne rêvent que d'évasion et de changement de condition. Que se passera t-il donc dans 10 ans lorsque la demande démographique sera trop forte, le personnel en totale démission intérieure, inexistant ou mal formé et les finances de tous en régression?

Toutes les structures privées augmenteront leurs prix, au détriment de l'épargne des résidents ou de leurs enfants ( et oui, l'obligation alimentaire n'est pas que morale!) et l'on trouvera de plus en plus de personnes handicapées ou âgées en situation précaire ou d'isolement, soit dans ces mouroirs faute d'autonomie, soit chez eux jusqu'à ce que disparition de leur autonomie s'ensuive. C'est dans ce contexte que les derniers textes de loi sur l'accompagnement de la fin de vie doivent se lirent. Il faut soulager la collectivité de ce futur poids financier sous prétexte de dignité de l'individu. Alors que la solution consiste à rétablir une morale de la solidarité familiale et de la compassion, occulté par la mythologie de la liberté individuelle et du consumérisme. La solidarité ( laique ou religieuse) doit d'abord s'exprimer au sein du cénacle familial, exclusivement avec les descendants, et non par l'état ou les collectivités publiques. La défiscalisation pour les frais d'entretien d'une personne dépendante doit être tout de suite majorée, l'épargne retraite individuelle ou collective bien mieux valorisée à défaut de quoi les requins du bizness social auront beau jeu de s'empiffrer sur le dos des collectivités et de leurs salariés.

L'incurie électoraliste des parlementaires doit être compensée par une présence renforcée dans les médias des militants du mieux vivre nos lendemains pour sensibiliser les français à la vieillesse qui les attend. Plus d'information sur tout ce qui touche à la dépendance physique sur le nouveau site Actuhandi 88.over-blog.com. La prudence s'impose aux familles qui souhaitent protéger les leurs ou assurer leurs derniers jours...

Félix

Tag(s) : #EPAHD, #handycap quotidien, #Fiscalité, #Finances publiques, #Politique

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